Les infections sexuellement transmissibles et le SIDA

Une IST ou  Infection Sexuellement Transmissible (qu’on appelait avant maladie Sexuellement Transmissible) est une maladie qui se transmet par des relations sexuelles avec une ou des personne(s) déjà contaminée(s), qu’il y ait ou non pénétration.

Les IST peuvent être dues à différents microbes : bactéries, virus, parasites, champignons.

Parmi les IST les plus connues, on peut citer : le VIH/Sida, les hépatites B et C, l’herpès, la blennorragie, les chlamydioses, les condylomes, la syphilis, les papillomavirus…

Certaines de ces infections ne sont pas uniquement transmissibles par les relations sexuelles ; c’est le cas du VIH/Sida et des hépatites qui peuvent se transmettre par le sang.

 

1/ Symptômes

Les symptômes des IST sont souvent très discrets voire inexistants.

Dans les semaines voire les mois suivant une relation sexuelle, il est important de consulter un médecin  lorsque certains signes apparaissent : écoulements, pertes vaginales importantes et/ou malodorantes, démangeaisons, sensations de brûlures en urinant, boutons, lésions ou ulcérations sur le sexe ou sur d’autres muqueuses (bouche, anus…), douleurs au bas ventre, saignements ou autres manifestations inhabituelles.

Ces signes peuvent parfois vous apparaître anodins mais il est essentiel de les prendre au sérieux car une IST non traitée peut avoir des conséquences graves (stérilité, cancers…).

Il faut savoir que la plupart des IST se traitent très bien en quelques jours voire quelques semaines lorsqu’elles sont dépistées à temps.

Avoir une IST augmente les risques de contamination par le VIH car les IST peuvent fragiliser les muqueuses et les rendre plus perméables au VIH. De plus, toute plaie au niveau des organes génitaux favorise la contamination avec le VIH/Sida.

 

2/ Dépistage :

Selon les IST, différents types d’examens peuvent permettre le diagnostic :

-          examen clinique des organes génitaux

-          prélèvement local ou cultures

-          prise de sang

Il est possible de se rendre dans des centres de diagnostic et de traitement des IST où les consultations sont gratuites (voir dans notre rubrique « Information » les adresses en Rhône-Alpes).

Il est également possible de consulter son médecin traitant et le gynécologue pour les femmes.

 

3/ Moyens de protection :

-          utilisation du préservatif masculin ou féminin lors des relations sexuelles,

-          information du partenaire en cas de contamination par une IST afin qu’il consulte et qu’il se protège.

 

Les IST les plus fréquentes sont les suivantes.

La blennorragie gonococcique

Communément appelée la « chaude-pisse », la blennorragie est causée par une bactérie : neisseria gonorrhoeae ou gonocoque.
En 2013, le nombre d’infections à gonocoque continue d’augmenter en France, chez l’homme et chez la femme, quelle que soit l’orientation sexuelle.

Les chlamydioses

Les chlamydioses sont dues à une bactérie (chlamydia), susceptible de provoquer une inflammation chronique de l'appareil génital.
Ce sont les infections les plus fréquentes entre 15 et 25 ans chez les femmes, et entre 15 et 34 ans chez les hommes. En 2013, on a constaté que le nombre d’infections urogénitales à Chlamydia a augmenté constamment depuis 3 ans chez l’homme comme chez la femme. Cette augmentation reflète en partie un accroissement des pratiques de dépistage de la maladie.

L'hépatite B

Provoquée par un virus très contagieux (VHB), l'hépatite B atteint essentiellement le foie.
Les données de 2012 en France estiment à environ 1400 le nombre d'hépatites B aiguës donnant des symptômes par an. Mais de nombreux cas d'hépatites B aiguës passent inaperçus.
Consulter l'article  : Qu'est-ce que l'hépatite B ?

L'herpès génital

L'herpès génital est causé par un virus appelé herpès simplex virus : HSV. Il existe deux types de virus HSV :

  • le virus HSV1 est responsable de différentes formes d'infections herpétiques, de la partie supérieure du corps (exemple : herpès labial ou bouton de fièvre, herpès nasal) ;
  • le virus HSV2 est à l'origine des infections de la partie basse du corps (herpès génital).

Toutefois, il y a de plus en plus d'infections génitales dues au virus HSV1. Elles sont favorisées par les pratiques sexuelles bucco-génitales.

On estime qu'en France, le virus HSV2 (un des deux virus en cause) est présent chez 18 % des femmes et 14 % des hommes.

Les condylomes génitaux

Il s'agit de verrues génitales, causées par les papillomavirus. Ces derniers sont des virus très répandus ; ils peuvent provoquer des cancers du col de l'utérus.
Consulter l'article : Qu'est-ce que le cancer du col de l'utérus ?
Consulter l'article : Les condylomes (MST à papilloma virus humain (HPV) 

La syphilis

Une bactérie (le tréponème pâle) est à l'origine de cette maladie. En 2013, le nombre de syphilis récentes est en augmentation chez les hommes homo-bisexuels (qui représentent plus de 80 % des cas). Les cas féminins ne représentent que 4 %.

Les infections par des mycoplasmes et la trichomonase

Les mycoplasmoses sont dues à une bactérie (mycoplasme).
La trichomonase est due à un parasite (trichomonas vaginalis).
Elles peuvent passer inaperçues et menacent la fertilité si elles ne sont pas traitées.

Le VIH-Sida

Le virus de l’immunodéficience humaine, ou VIH, affaiblit le système immunitaire. À un stade avancé, il rend donc l’organisme vulnérable aux infections. Il se transmet par voie sexuelle ou sanguine, ou encore de la femme enceinte à son enfant.

Lorsque le VIH, Virus de l'Immunodéficience Humaine pénètre dans l'organisme, il infecte et perturbe l'ensemble du système immunitaire.

Il s'attaque aux cellules porteuses à leur surface de la molécule CD4 et en particulier à une catégorie de lymphocytes appelée lymphocytes CD4. Ces cellules ont pour rôle de coordonner la réponse immunitaire en cas d'infection. Le VIH utilise les cellules CD4 pour se propager et les détruit. Il est ainsi responsable d'un affaiblissement chronique du système immunitaire qui rend les personnes atteintes vulnérables aux infections.
Lorsque l'organisme n'est plus en mesure de combattre l'infection à VIH, celle-ci progresse et devient le SIDA (Syndrome d'Immuno Déficience Acquis).

Avant le stade du SIDA, la personne atteinte est dite "séropositive" pour le VIH.

Le VIH se distingue des autres virus car il s'attaque au système immunitaire, qui a normalement pour rôle de le combattre.

 

La fréquence du VIH

Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), en 2012, 6 400 personnes ont découvert leur séropositivitéau VIH, soit environ 17 cas pour 100 000 personnes par an.

La majorité de ces contaminations est due à un contact sexuel. Ce nombre est stable depuis 2007, sauf chez les homosexuels masculins où ce nombre augmente. Cette augmentation s’explique en particulier du fait d’un diagnostic plus précoce dans cette population.

Parmi ces personnes détectées :

  • 42 % sont des homosexuels masculins ;
  • 38 % sont des personnes nées à l'étranger et ayant eu des rapports hétérosexuels ;
  • 17 % sont des personnes nées en France et ayant eu des rapports hétérosexuels ;
  • un peu plus de 1 % sont des usagers de drogue.

En France, le nombre de personnes vivant avec le VIH a été évalué à environ 150 000 fin 2010 dont 29 % au stade de SIDA et 50 000 qui ignorent leur séropositivité.

La transmission du VIH

Le VIH se transmet lorsqu'il est présent en quantité suffisante par l'intermédiaire de liquides corporels :

  • le sang ;
  • le sperme et le liquide séminal, chez l'homme ;
  • les sécrétions vaginales et le lait maternel, chez la femme.

La contamination du virus par la salive, la sueur, les larmes ou l'urine est impossible. Le virus est présent dans ces liquides mais en quantité trop faible pour qu'il puisse se transmettre par leur intermédiaire.

Les facteurs de risque de transmission

Les rapports sexuels non protégés (sans utilisation de préservatif)

Quelle que soit la nature du rapport (vaginal, anal ou buccal), un seul contact peut suffire pour être contaminé. Le risque est plus important :

  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles ;
  • si l'un des partenaires a une infection sexuellement transmissible ;
  • si le rapport s'accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même invisibles.

L'échange de seringue chez les usagers de drogues injectables

Le risque est diminué grâce à la mise en vente libre de seringues en pharmacies et la distribution gratuite de matériel d'injection par les associations.

La transmission mère-enfant

Actuellement en France, grâce au suivi et au traitement des femmes enceintes séropositives, le taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant est de moins de 2 %. L'allaitement est toutefois déconseillé. En effet, le virus peut se transmettre de la mère à l'enfant par l'intermédiaire du lait maternel.

Les transfusions sanguines.

Aujourd'hui, en France, il est tout à fait exceptionnel qu'une transfusion ou une injection de produits sanguins soit à l'origine d'une contamination par le VIH. En effet, depuis août 1985, un entretien médical préalable avec chaque personne qui se présente pour un don de sang permet de ne pas retenir celles qui ont pu se trouver dans des situations à risques. De plus, des tests sont systématiquement pratiqués sur les dons de sang. Des tests sont également réalisés lors de dons d'organes, de sperme et de lait maternel.

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